Au moment même où se négocie l’accord de Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP, la direction avance à marche forcée sur la refonte du référentiel emplois. Une fois de plus, la logique de l’entreprise prime sur l’intérêt des salarié·es. Et une fois de plus, sous couvert de « modernisation », ce sont les droits collectifs et les repères professionnels qui s’effacent derrière les impératifs de gestion.
Les élu·es du CSEC ont adopté une résolution qui, si elle ne va pas aussi loin que ce que pourrait exiger la CGT, a le mérite de mettre en lumière de nombreuses zones d’alerte partagées. Cette majorité des inquiétudes doit interpeller : quand l’ensemble des représentant·es du personnel, malgré leurs différences syndicales, s’accordent pour demander plus de garanties, plus de transparence, plus de droits pour lessalarié·es, la direction ne peut continuer à prétendre que son projet serait une simple « évolution technique ». Les élu·es et mandaté·es CGT au CSEC dénoncent une réforme à hauts risques.
La baisse drastique du nombre d’emplois repères, passant de 234 à 98 constitue une opération comptable, qui, loin de simplifier le paysage, va lisser les spécificités, diluer les compétences, faire disparaître des métiers entiers dans des catégories fourre-tout. Pour les salarié·es, cela signifie l’augmentation des tâches, la généralisation des multi-compétences non reconnues, sans revalorisation, ni reconnaissance.
Cette fin programmée des fiches de poste, qui détaillaient précisément les activités, les missions, les résultats attendus, ouvre la porte à une flexibilité accrue, à de potentielles mobilités contraintes, et à une perte de repères professionnels. Pour la CGT MH et ses élu·es, ce n’est pas un progrès, c’est une régression sociale.
A travers la nouvelle classification, aucune garantie n’est donnée.
La crainte, c’est un déclassement rampant, crainte renforcée par la nouvelle grille des RMMG (Rémunérations Minimales Mensuelles Garanties), issue d’un accord de branche signé sans la CGT, qui bafoue les garanties collectives et accentue encore un peu plus le tassement des salaires. Cette grille, en instaurant des niveaux de rémunération de plus en plus resserrés entre les différentes classifications, ne permet plus de reconnaître à leur juste valeur les qualifications, les responsabilités ni l’expérience.
Adjointe à l’absence totale de garanties dans le cadre de la nouvelle classification maison, elle fait craindre un déclassement insidieux, où les salarié·es seraient maintenus au même poste avec plus de tâches, sans progression salariale, voire rétrogradés dans leur reconnaissance.
La CGT dénonce une double peine : une classification revue à la baisse et une grille de rémunération dégradée. Nous exigeons que toute évolution vers un emploi repère « plus large » s’accompagne de garanties en matière de salaire, de reconnaissance des qualifications et de conditions de travail.
La CGT réaffirme que ce n’est pas à la direction seule de définir ce que vaut un métier, ce que vaut une qualification, ce que vaut une vie de travail.
Rappelons que la CGT porte des revendications claires qui vont à l’encontre du projet de refonte du référentiel telles que la reconnaissance de toutes les qualifications acquises, y compris par l’expérience, l’accès à une formation professionnelle choisie, intégrée dans un parcours émancipateur et non instrumentalisée au seul service des gains de productivité ou bien encore la revalorisation systématique des salarié·esqui cumulent les tâches, au lieu de leur imposer toujours plus pour toujours moins.
La CGT ne cautionnera pas une réforme qui transforme les salarié·es en variables d’ajustement sous couvert d’agilité et de « lisibilité ». Il s’agit là de défense de métiers, de savoir-faire, de droits.
Car derrière chaque fiche emploi repère, il y a des vies, des efforts, des qualifications. Ce n’est pas un tableau Excel que l’on modifie, ce sont des existences qu’on impacte.
La CGT exige une autre logique : celle du progrès social, de la reconnaissance du travail, et de la construction collective des parcours professionnels.