L’intelligence artificielle chez Malakoff Humanis : un besoin de sécurité pour les salarié·es

La résolution votée à l’unanimité des élu·es du CSEC MH reconnaît l’ampleur des enjeux posés par l’intégration de l’intelligence artificielle dans le groupe.

Mais si ce texte constitue un point de départ, il est encore loin d’être à la hauteur des transformations profondes à l’œuvre.

La CGT alerte solennellement : l’intelligence artificielle n’est pas une simple évolution technologique. Elle modifie les rapports de travail, l’organisation collective, les contenus d’activité, les équilibres sociaux et les garanties collectives.

L’implantation des systèmes d’IA par dizaines dans les différents métiers du groupe (une soixantaine aux dire de M. SAUNIER lors de son intervention sur BFM) ne peut se faire à marche forcée, sans concertation réelle, sans encadrement strict, et sans droits nouveaux pour les salarié·es.

Les discussions actuelles sur l’IA se concentrent principalement sur la question de l’emploi, et cette focalisation reflète une réalité : les inquiétudes sont légitimes. Les projets d’automatisation, qu’ils soient qualifiés de « suppression de tâches répétitives » ou « d’optimisation », peuvent en réalité conduire à une substitution partielle ou totale de l’activité humaine, sans garanties solides de maintien dans l’emploi.

La CGT alerte également sur la nécessité d’élargir les discussions aux transformations du travail induites par l’IA et doivent intégrer d’autres enjeux tels que les risques de discrimination, les impacts sur les travailleurs en situation de handicap, les conséquences sur l’emploi des seniors, la transformation du télétravail et les atteintes potentielles au droit à la déconnexion, les problématiques liées à la surcharge cognitive, ou encore le besoin impérieux de formations adaptées.

 

Au-delà d’un simple passage en CSE central, la CGT revendique l’ouverture d’une négociation dédiée, afin de définir des garanties collectives sur le maintien dans l’emploi, le maintien de l’emploi, la transparence des algorithmes utilisés, la reconnaissance et la valorisation des compétences humaines ainsi que des droits d’alerte et de contrôle pour les représentants du personnel.

Il conviendra de garantir à travers la négociation de mesures accompagnatrices que ces technologies soient véritablement mises au service des besoins des travailleurs et des travailleuses du groupe.

L’intelligence artificielle générative est aujourd’hui présentée comme un levier d’innovation, d’efficacité et de compétitivité. Mais ces bénéfices supposés ne doivent pas masquer les risques considérables qu’elle fait peser sur les salarié·es si son intégration se fait sans régulation ni contre-pouvoirs.

Face à l’industrialisation croissante de cette technologie dans nos métiers, la formation doit devenir un axe prioritaire, avec un plan structuré, métier par métier, identifiant les compétences à faire évoluer, les savoirs à acquérir, les risques d’obsolescence et les salariés vulnérables à accompagner. Cela nécessite des moyens humains et pédagogiques renforcés en tenant compte des inégalités déjà existantes en matière d’aisance numérique.

 

Par ailleurs, l’encadrement juridique européen nous rappelle les limites à ne pas franchir.

La CGT exige des garde-fous fermes autour de l’utilisation de l’IA. Ce n’est pas une faveur, mais ce devrait être une obligation, au regard de la législation française et européenne.

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